Histoire

Quelques dates clés

Créée en 1830 sur l’initiative du roi Ghézo, illustre roi d’Abomey, Cotonou s’est développée à partir de quelques villages de pêcheurs situés à l’Est et à l’Ouest de la lagune.
◦ Avant 1930, Cotonou dont les activités tournaient pour l’essentiel autour du Wharf et de la gare ferroviaire, s’étendait de Xwlacodji à Saint Michel ;
◦ De 1930 à 1970, des infrastructures économiques et portuaires ont été mises en place, suivies vers les années 1970 du transfert du siège du gouvernement de Porto-Novo à Cotonou et de la construction de l’aéroport à Cadjèhoun ;
◦ De 1970 à 1980, la ville s’étendait à Agontikon, Gbèdjromindé, akpakpa sud, nord et à certaines zones périphériques.
◦ Après 1980, les grandes extensions ont eu lieu consécutivement à l’explosion démographique; A partir des années 1990, la conurbation de Cotonou, Calavi et Sèmè s’était amorcée. Ainsi les extensions Ouest avaient englobé les centres urbains d’Abomey- Calavi, Godomey, Dèkoungbé, Togoudo et les centres ruraux de Togba, Houèto et Akassato et les extensions Est, les centres ruraux d’Agblanganda, Ekpè, Gbèffa, Agbalilamè, Sèmè- Podji, Djrègbé, Houenta et Kraké…
Aujourd’hui Cotonou a une superficie de 79 km² et depuis 2003 a une administration locale décentralisée ; Cotonou est une ville à statut particulier dirigée par un Conseil municipal d’élus communaux avec à sa tête un Maire.

HISTORIQUE

Cotonou, née de la décadence de Ouidah et Grand Popo’’ Selon le Professeur Benoît Damien N’BESSA, auteur en 1979 d’une thèse de troisième cycle sur « Les fonctions urbaines de Cotonou ».
Pour dire l’histoire de Cotonou, selon le Professeur N’BESSA, il faut remonter jusqu’au XVIIIème siècle. Rien ne prédestinait cette contrée sauvage, marécageuse, infestée de moustiques et de reptiles, constituée de lacs, lagunes et de brousse, face au littoral, à devenir la cité en plein développement grouillante de vie et d’activité que l’on connaît aujourd’hui.

HISTOIRE D’UNE VILLE

Aux XVIe et XVIIe siècle, Ouidah et Grand-Popo, les deux ports de la Côte des Esclaves avaient attiré tous les grands marchands de « bois d’ébène », anglais, portugais, danois et hollandais qui s’y étaient installés, encourageant auprès des royaumes du Sud, des guerres de razzia pour approvisionner leur commerce d’esclaves. Les royaumes d’Allada et de Savi excellaient dans ce trafic très rentable et en étaient les têtes de pont. Le roi d’Abomey, Agadja, par l’intérêt alléché décida de se passer de la contribution d’Allada et de Savi et de contrôler lui-même cette activité en ayant un débouché sur la mer. Il entra en campagne et conquit Allada, Ouidah et Savi, Allada dont les frontières s’étendaient alors jusqu’à Calavi et Godomey. C’était en 1727.
Agadja fit installer ses représentants-ministres dans les « provinces d’Allada » nouvellement conquises, Godomey et Calavi. C’est ainsi que Calavi sera rebaptisée « Agbomey-Kandofi ».
Plus tard, sous le roi Ghézo (1818 – 1858) intervint l’abolition de l’esclavage et la répression de ce commerce rendu illicite dès 1819. Ghézo avait toujours poursuivi son commerce d’esclaves en créant un port d’embarquement secret au large de Godomey. Mais une escadre britannique de la Marine Royale d’Angleterre qui dispose d’un fort au Nigeria patrouillera régulièrement sur les côtes de l’Afrique de l’Ouest, arraisonnant les navires esclavagistes et faisant même pendre haut et court quelques entêtés. La sévère répression des Anglais décourage Ghézo qui dans son effort intelligent de reconversion fit la promotion de la culture et de la production du palmier à huile et de l’huile de palme.
Ce commerce était aussi très apprécié des Français qui avaient besoin de l’huile de palme pour leurs savonneries de Marseille.
Rien n’empêchait plus Ghézo de mener à bien ses activités commerciales. Il nommera lui aussi ses représentants dans les « provinces » de Calavi et surtout dans la province d’avant-poste de Godomey. On retrouve d’ailleurs encore aujourd’hui des descendants de ces chefs qui sont de grands propriétaires terriens tels que Atrokpo, Azangnandji, Nibimè, etc.
Ces chefs résidaient à Calavi et surtout Godomey et avaient leurs fermes à Cotonou, zone de champs et de pêche passablement insalubre et peu habitée exceptés quelques pêcheurs « Toffin ». Cotonou dans tout cela n’existait toujours pas en tant que zone habitée. Les grandes agglomérations alors étaient Ekpè à l’Est et Godomey à l’Ouest.

Cotonou louée pour 20.000 F par an.

C’est sous le règne de Glèlè (1858 – 1889) au début du XIXème siècle que les premiers « pionniers » qu’il nommera dans cette zone pour surveiller les activités des commerçants blancs s’installeront dans une forêt appelée Gbégamey. Une grande brousse comme son nom l’indique où entre autres la famille Yèkpè représentera Glèlè pour surveiller et mener les échanges commerciaux avec les Européens. Cotonou commence dès lors à prendre de l’importance et à intéresser les Européens, surtout les Français.
La France attirée par les possibilités qu’offre la ville signe avec Glèlè un traité de cession de Cotonou pour une redevance annuelle de 20.000 F ! Les Français installent dès lors à Cotonou plusieurs maisons de commerce précédemment domiciliées à Grand-Popo et à Ouidah tels que « Fabre », « régis », « Géraud » ouvrent des succursales sur place. On construit des bâtiments et on trace des voies. Mais, entre-temps Glèlè meurt en 1889. Son fils Béhanzin (1889 – 1894) intronisé, n’entend pas céder la moindre parcelle de son territoire à la France. Il remet en cause le traité signé par son père. La France courroucée, manifeste son désir de s’installer définitivement à Cotonou, fut-ce par la force. On connaît la suite.

Les premiers grands travaux.

Il faut signaler que l’intérêt des Français pour Cotonou est justifié également par l’attrait de Porto-Novo qui est déjà un grand centre commercial à cause de son port lagunaire, très actif grâce à la proximité et à l’accès du Port de Lagos.
Porto-Novo est un autre pôle d’attraction et pour la France il faut tout faire pour relier Cotonou, la porte océane, à Porto-Novo, le centre commercial par la lagune. C’est aussi à ce moment que les Français signent un protectorat avec le Roi Toffa, inquiété par les velléités expansionnistes de Béhanzin.
Les Français entre-temps, en 1885, avaient fait creuser un canal sur la lagune de Cotonou qui alors ne touchait pas la mer. On pouvait même se rendre de Cotonou à Akpakpa à pied sec. Le canal relie le lac Nokoué à la mer afin de créer une voie d’accès par la lagune vers Porto-Novo. On peut donc aisément commercer et transférer des marchandises des différents points de l’intérieur du pays vers les navires qui mouillent au large. Béhanzin s’entêtant à ne pas céder Cotonou, la France prépare la guerre et pour faciliter des troupes du Général Dodds, elle construit le wharf en 1891 et peut dès 1893 le mettre en service. Il s’agit d’une passerelle métallique de 400 m de long qui s’avance au-delà de la zone des vagues permettant des déchargements sans devoir franchir la barre.
Après la guerre et la victoire française, la France est maîtresse absolue du pays. Le premier gouverneur nommé, Victor Ballot, préfère s’installer à Porto-Novo. Les affinités françaises avec Toffa, l’avantage qu’offre ce site latérique et non inondable et l’accès par le Port lagunaire expliquent en partie ce choix.
Toutefois, Cotonou n’est pas abandonnée, la construction du wharf est suivie de celle de la ligne ferroviaire. Plusieurs bâtiments modernes sont édifiés par l’administration française sur la corniche entre la mer et jusqu’au niveau de l’actuel boulevard St Michel.
Le climat marin fait de Cotonou une station balnéaire propice au repos et à la convalescence des administrateurs et fonctionnaires coloniaux stressés et impaludés de Porto-Novo. Dans la même période, une classe de métis et de fonctionnaires africains assimilés s’installent dans la zone de l’actuel quartier Missèbo où l’on retrouve encore aujourd’hui plusieurs anciennes maisons d’afro-brésiliens ou de métis français.Les premiers fonctionnaires Cotonois sont soit des travailleurs ou des ouvriers du wharf ou du réseau ferroviaire Bénin Niger, l’actuelle OCBN.
Ainsi naquit une ville, Cotonou.